Documents obligatoires d'un organisme de formation : le dossier complet
11 octobre 2026

Un dossier de formation complet réunit une douzaine de pièces : la convention ou le contrat, le programme, la convocation, les feuilles d'émargement, les évaluations, l'attestation de fin de formation et, en amont, le règlement intérieur et les conditions générales de vente. Le bilan pédagogique et financier les résume une fois par an. Certaines sont imposées par le Code du travail, d'autres par le financeur ou par le référentiel Qualiopi, et toutes peuvent être réclamées lors d'un contrôle.
Ce guide passe en revue chaque document : à quoi il sert, quel texte l'impose, qui le produit, quand il doit exister et ce qu'un contrôleur y regarde. Il s'adresse aux responsables d'organismes de formation comme aux formateurs indépendants qui veulent comprendre ce que contient un dossier « propre », qu'ils le constituent eux-mêmes ou qu'ils le confient à un organisme porteur.
Pourquoi chaque pièce du dossier de formation compte-t-elle ?
Parce que la charge de la preuve repose sur l'organisme. L'article L. 6362-6 du Code du travail prévoit que les organismes présentent tous documents établissant les objectifs et la réalisation des actions, ainsi que les moyens mis en œuvre ; à défaut, les actions sont réputées ne pas avoir été exécutées et les sommes doivent être remboursées au cocontractant. Une formation réellement donnée mais mal documentée est donc, pour l'administration, une formation qui n'a pas eu lieu.
La sanction ne s'arrête pas au remboursement. L'article L. 6362-7 impose aux organismes de verser au Trésor public, solidairement avec leurs dirigeants, une somme égale au montant des dépenses rejetées. Une même pièce manquante peut ainsi coûter deux fois le prix de la formation.
Trois regards différents se posent sur ces documents. Les services de contrôle de l'État (le service régional de contrôle de la formation professionnelle, rattaché à la DREETS) vérifient la réalité des actions et l'usage des fonds. Les financeurs, OPCO en tête, contrôlent le « service fait » avant de payer, en vertu de l'article R. 6332-26. L'auditeur Qualiopi, enfin, regarde les mêmes pièces sous l'angle de la qualité : un dossier qui satisfait le contrôle financier sert aussi de preuve en audit, et nous détaillons ce second usage dans notre guide sur l'audit Qualiopi.
Quels documents l'organisme doit-il avoir avant toute formation ?
Avant même de signer sa première convention, un organisme doit disposer de trois éléments : une déclaration d'activité enregistrée (ou en cours), un règlement intérieur et, s'il vend à des entreprises, des conditions générales de vente. Ce sont les documents « de structure », qui ne changent pas d'une session à l'autre.
La déclaration d'activité et son numéro
Toute personne qui réalise des actions de formation dépose une déclaration d'activité dès la conclusion de sa première convention ou de son premier contrat de formation, selon l'article L. 6351-1 du Code du travail. L'administration attribue un numéro, souvent appelé NDA, qui figure ensuite sur les conventions, les factures et les attestations.
Le numéro ne vaut pas agrément. Lorsqu'un organisme le cite dans sa publicité, il doit le faire sous la seule forme prévue par l'article L. 6352-12 : « Enregistrée sous le numéro… Cet enregistrement ne vaut pas agrément de l'État. » Écrire « organisme agréé » à côté de son NDA est une erreur fréquente, et désormais un risque supplémentaire en audit, puisque l'indicateur 1 du référentiel Qualiopi sanctionne toute information trompeuse.
La déclaration n'est pas acquise pour toujours. D'après l'article L. 6351-6, elle devient caduque si le bilan pédagogique et financier ne fait apparaître aucune activité de formation ou s'il n'a pas été adressé à l'administration. Un formateur qui a peu travaillé une année et oublie son bilan perd son numéro et doit refaire toute la démarche.
Le règlement intérieur
Tout organisme de formation établit un règlement intérieur applicable aux stagiaires, en vertu de l'article L. 6352-3. Ce document écrit fixe les principales mesures de santé et de sécurité, les règles de discipline et de sanction, et les modalités de représentation des stagiaires. Il doit être établi dans les trois mois suivant le début de l'activité, selon l'article R. 6352-2.
L'obligation vaut aussi pour l'organisme qui n'a pas de locaux propres. L'article R. 6352-1 précise que le règlement est établi même lorsque les stagiaires sont accueillis dans des locaux mis à disposition, et que, lorsque la formation se déroule dans une entreprise déjà dotée d'un règlement intérieur, ce sont les mesures de santé et de sécurité de cette entreprise qui s'appliquent. Le formateur qui intervient en intra chez son client garde donc un règlement d'organisme pour la discipline et la représentation, et renvoie au règlement du client pour la sécurité.
Pour les sessions de plus de 500 heures, le règlement doit organiser l'élection d'un délégué titulaire et d'un suppléant (article R. 6352-9). La plupart des formations courtes de formateurs indépendants ne sont pas concernées, mais la clause doit figurer dans le règlement si l'organisme propose des parcours longs.
Les conditions générales de vente
Les conditions générales de vente ne sont pas propres à la formation : le Code de commerce impose à tout prestataire qui vend à des professionnels de les communiquer à l'acheteur qui en fait la demande. En formation, elles portent surtout sur les modalités d'inscription, les conditions d'annulation et de report, les pénalités, la facturation en cas d'absence et le traitement des réclamations.
C'est là que se règlent les litiges courants (salarié absent, annulation à 48 heures, prise en charge partielle par l'OPCO). Gardez-les cohérentes avec vos conventions : en cas de contradiction, c'est le document signé qui l'emporte.
Convention ou contrat : quel document signer et que doit-il contenir ?
Le document contractuel dépend de qui paie. Lorsqu'une entreprise ou un financeur achète la formation, l'organisme signe une convention avec l'acheteur ; lorsqu'une personne physique se forme à titre individuel et à ses frais, il signe un contrat de formation avec elle ; lorsque la formation est financée par le CPF, les conditions générales de la plateforme tiennent lieu de convention.
La convention de formation (acheteur entreprise ou financeur)
L'article L. 6353-1 pose le principe d'une convention conclue entre l'acheteur et l'organisme. Son contenu est fixé par l'article D. 6353-1 lorsque l'action est financée par un financeur public ou mutualisé : intitulé, objectif et contenu de l'action, moyens prévus, durée et période de réalisation, taux des enseignements dispensés à distance, modalités de déroulement, de suivi et de sanction, prix et modalités de règlement.
Le même article admet qu'un bon de commande ou un devis approuvé tienne lieu de convention pour les actions de formation, à condition de contenir les mêmes mentions ou d'y renvoyer en annexe. Cette souplesse rend service aux petites structures, mais elle a un piège : un devis signé qui ne mentionne ni les modalités d'évaluation ni la part de distanciel ne vaut pas convention, et le contrôleur le traitera comme une pièce manquante.
Le taux de distanciel mérite une attention particulière. Il figure parmi les mentions obligatoires de la convention, et le décret n° 2026-728 renforce, à partir du 1er novembre 2026, l'exigence de preuve du suivi à distance dans le référentiel Qualiopi. Une convention qui annonce 30 % de distanciel engage l'organisme à pouvoir prouver que ce distanciel a été suivi.
Le contrat de formation (personne physique qui paie elle-même)
Lorsqu'une personne s'inscrit à titre individuel et à ses frais, un contrat est conclu avant l'inscription définitive et avant tout règlement, selon l'article L. 6353-3. L'article L. 6353-4 en fixe le contenu à peine de nullité : nature, durée, programme et objet de l'action, prérequis, conditions de déroulement (y compris à distance), modalités de contrôle des connaissances et sanction de la formation, diplômes ou références des formateurs, modalités de paiement et conditions financières en cas d'abandon.
Ce contrat protège fortement le stagiaire. Il dispose d'un délai de rétractation de dix jours à compter de la signature (article L. 6353-5), aucune somme ne peut être exigée avant l'expiration de ce délai, et l'acompte ne peut dépasser 30 % du prix convenu, le solde étant échelonné au fil de la formation (article L. 6353-6). En cas de force majeure, le stagiaire peut rompre le contrat et ne paie que les prestations effectivement dispensées (article L. 6353-7). Un formateur qui facture la totalité d'avance à un particulier s'expose donc à la nullité de son contrat.
Le cas du CPF
Pour une action financée par le compte personnel de formation, l'article D. 6353-1 (III) prévoit que les conditions générales d'utilisation du service dématérialisé tiennent lieu de convention entre le prestataire et le titulaire du compte. L'organisme ne fait donc pas signer de convention séparée, mais il reste tenu par toutes les autres obligations : programme, information préalable, preuves de réalisation, évaluation.
| Situation | Document contractuel | Texte de référence | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Entreprise ou financeur (OPCO, région, France Travail) | Convention, ou devis / bon de commande comportant les mêmes mentions | L. 6353-1 et D. 6353-1 | Taux de distanciel et modalités de sanction |
| Particulier qui paie lui-même | Contrat de formation | L. 6353-3 à L. 6353-7 | Rétractation de 10 jours, acompte limité à 30 % |
| Titulaire du CPF | Conditions générales de la plateforme | D. 6353-1, III | Les autres pièces restent obligatoires |
Quelles pièces accompagnent la formation elle-même ?
Pendant la formation, quatre familles de documents se constituent : l'information remise au stagiaire avant son inscription, le programme, la convocation et les preuves de présence. Ce sont elles qui démontrent qu'une action a réellement eu lieu, au bon endroit, pour les bonnes personnes et pendant la durée facturée.
Le programme de formation
Le programme est la pièce centrale : convention, contrat, publicité et évaluation y renvoient tous. Une action de formation se définit, d'après l'article L. 6313-2, comme un parcours pédagogique permettant d'atteindre un objectif professionnel. Le programme décrit donc ce parcours : objectifs formulés en compétences observables, prérequis, public visé, durée, contenu séquencé, méthodes et moyens pédagogiques, modalités d'évaluation, profil du formateur, accessibilité aux personnes en situation de handicap.
« Maîtriser Excel » n'est pas un objectif évaluable ; « construire un tableau croisé dynamique à partir d'une base de 1 000 lignes » en est un, et l'évaluation des acquis en découle presque seule.
L'information préalable du stagiaire
Avant l'inscription définitive, l'organisme met à disposition du stagiaire les objectifs et le contenu de la formation, la liste des formateurs, les horaires, les modalités d'évaluation, les coordonnées de la personne chargée des relations avec les stagiaires et le règlement intérieur applicable (article L. 6353-8). Pour un particulier qui paie lui-même, s'y ajoutent les tarifs, les modalités de règlement et les conditions financières en cas d'abandon.
Le texte dit « avant l'inscription définitive » : la preuve doit donc être datée. Un courriel d'envoi du programme et du règlement intérieur, ou un accusé de lecture sur une plateforme, suffit. Remettre ces documents le premier matin de la formation ne respecte pas la règle.
Le recueil des besoins et le positionnement
Ces deux pièces ne sont pas citées en tant que telles par le Code du travail, mais elles découlent de la définition même de l'action de formation et sont attendues par le référentiel Qualiopi (indicateurs 4 et 8). Le recueil des besoins montre que la formation a été construite ou adaptée pour ce public ; le test de positionnement mesure le niveau de départ, ce qui donne un sens à l'évaluation finale.
Leur valeur dépend de leur date. Un recueil des besoins signé le dernier jour ne prouve rien ; il doit précéder la convention ou le démarrage de la session.
La convocation
La convocation informe le stagiaire du lieu, des horaires, des modalités d'accès et des contacts utiles. Aucun article ne l'impose sous ce nom, mais elle matérialise une partie de l'information préalable de l'article L. 6353-8 et constitue une preuve que l'organisme a organisé la session aux dates annoncées. Pour une session à distance, elle contient les liens de connexion et les consignes techniques.
Les feuilles d'émargement et autres preuves de réalisation
La réalisation d'une action doit être justifiée « par tout élément probant », selon l'article R. 6313-3. La feuille d'émargement n'est donc pas obligatoire en soi, mais elle reste la preuve la plus utilisée et la plus attendue par les financeurs. Centre Inffo a analysé la jurisprudence sur ce point : un émargement probant identifie les stagiaires et le formateur, la date précise et le lieu, et il doit être cohérent avec les autres pièces.
Deux enseignements pratiques en ressortent. Une signature unique pour une journée entière a été jugée insuffisante ; l'émargement par demi-journée, ou par créneau quand l'organisation le justifie, est la norme. Et la cohérence prime : des émargements datés d'un jour férié, ou contredits par les plannings et les factures, ont été écartés par les juges.
Pour le distanciel, l'émargement est remplacé par des traces techniques : journaux de connexion, temps passé, activités réalisées, échanges avec le tuteur. Le Code du travail impose déjà, pour une formation en tout ou partie à distance, une assistance technique et pédagogique, une information sur les activités à réaliser et leur durée moyenne, et des évaluations qui jalonnent ou concluent l'action (article D. 6313-3-1). Si vous produisez vos modules en e-learning, l'agence La Forge Digitale conçoit des parcours dont ces traces sont prévues dès la conception.
Quels documents produire à la fin de la formation ?
À la fin de l'action, l'organisme produit les pièces qui en démontrent le résultat : évaluation des acquis, attestation de fin de formation, certificat de réalisation pour le financeur, questionnaires de satisfaction et facture. C'est l'étape la plus souvent bâclée, parce que la session est terminée et que le formateur est déjà sur la suivante.
L'évaluation des acquis
Les modalités d'évaluation figurent obligatoirement dans la convention (article D. 6353-1) et dans le contrat individuel (article L. 6353-4). L'évaluation doit donc exister, et ses résultats doivent être conservés. Elle prend la forme qui convient à l'objectif : questionnaire corrigé, étude de cas, mise en situation observée avec une grille, production notée.
Un stagiaire qui n'a pas atteint un objectif n'est pas un problème en soi ; un organisme incapable de le mesurer en est un.
L'attestation de fin de formation et le certificat de réalisation
L'attestation de fin de formation est remise au stagiaire. La version actuelle de l'article L. 6353-1 ne décrit plus son contenu ; sa rédaction antérieure à la réforme de 2018 la définissait comme une attestation mentionnant les objectifs, la nature et la durée de l'action et les résultats de l'évaluation des acquis, et c'est toujours ce contenu que les organismes reprennent. Elle sert au stagiaire pour faire valoir sa formation auprès d'un employeur ou d'un financeur.
Le certificat de réalisation, lui, est destiné au financeur. Un arrêté du 21 décembre 2018 fixe les pièces du contrôle de service fait des OPCO : les factures de l'organisme, les relevés de dépenses de l'employeur et le certificat de réalisation établi par le dispensateur de l'action. L'OPCO peut en outre demander tout document complémentaire, et il ne prend pas en charge les dépenses lorsque l'organisme ne fournit pas les pièces demandées (article R. 6332-26).
Ne confondez pas les deux documents. L'attestation renseigne le stagiaire sur ce qu'il a acquis ; le certificat atteste auprès du financeur que l'action a été réalisée. Les produire à partir des mêmes données (dates, durée, présence) évite les incohérences qui alertent un contrôleur.
Les questionnaires de satisfaction
La satisfaction à chaud, recueillie à la fin de la session, et la satisfaction à froid, recueillie quelques semaines ou mois plus tard auprès du stagiaire ou de son employeur, ne sont pas imposées par le Code du travail. Elles sont en revanche exigées par le référentiel Qualiopi (critère 7) et sont souvent demandées par les financeurs. Elles alimentent aussi les indicateurs de résultats que l'organisme publie, dont le mode de calcul doit désormais être précisé.
La facture
La facture reprend les mentions habituelles (numéro, date, identité des parties, prix, TVA ou mention d'exonération) et, en formation, l'intitulé de l'action, les dates, la durée et le nom des stagiaires. Elle doit concorder avec la convention et avec le certificat de réalisation : une facture de 21 heures pour une convention de 14 heures sera rejetée par le financeur, quelle que soit la raison du décalage.
Le bilan pédagogique et financier : qui le dépose et quand ?
Tout organisme déclaré adresse chaque année un bilan pédagogique et financier (BPF) retraçant l'emploi des sommes reçues et l'activité réalisée (article L. 6352-11). Il est transmis avant le 30 avril, selon l'article R. 6352-23, par voie dématérialisée sur le service Mon Activité Formation. L'administration a déjà accordé des reports certaines années ; vérifiez la date effective chaque printemps.
Son contenu est fixé par l'article R. 6352-22 : activités conduites pendant l'exercice, nombre de stagiaires accueillis, heures suivies et dispensées selon la nature, le niveau, le domaine et la durée des formations, répartition des fonds reçus par nature et montant des factures émises, données comptables relatives à la formation. Le dépôt peut être confié à un collaborateur ou à un expert-comptable habilité, comme le précise la fiche dédiée au BPF.
Le BPF se remplit à partir des dossiers de l'année : les heures déclarées doivent pouvoir être reconstituées à partir des émargements, et les produits à partir des factures.
Pour le formateur en portage, la question ne se pose pas dans les mêmes termes : les actions réalisées sous la responsabilité de l'organisme porteur figurent dans le BPF de cet organisme. Un formateur qui conserve sa propre déclaration d'activité pour d'autres missions reste tenu de déposer son propre bilan, faute de quoi sa déclaration devient caduque.
Qui produit quoi : organisme, formateur, client, stagiaire ?
L'organisme de formation est responsable de l'ensemble du dossier, même lorsqu'une partie des pièces est préparée par d'autres. C'est lui qui signe la convention, qui délivre l'attestation, qui facture et qui répond au contrôle. Le formateur, le client et le stagiaire contribuent chacun à une partie des pièces, et le dossier n'est complet que si chacun a joué son rôle.
| Document | Rédigé ou émis par | Signé ou complété par | Moment |
|---|---|---|---|
| Règlement intérieur | Organisme | (Transmis au stagiaire) | Dans les 3 mois du début d'activité, puis avant chaque inscription |
| CGV | Organisme | Acceptées par le client | Avant la commande |
| Programme | Organisme, souvent avec le formateur | (Transmis au client et au stagiaire) | Avant l'inscription |
| Recueil des besoins | Organisme ou formateur | Client et/ou stagiaire | Avant la convention ou le démarrage |
| Convention ou contrat | Organisme | Client (convention) ou stagiaire (contrat) | Avant le démarrage, avant tout paiement pour un particulier |
| Convocation | Organisme | (Envoyée au stagiaire) | Quelques jours avant la session |
| Test de positionnement | Formateur | Stagiaire | Avant ou au début de la session |
| Émargement ou traces de connexion | Organisme (modèle), formateur (tenue) | Stagiaires et formateur | Pendant chaque demi-journée |
| Évaluation des acquis | Formateur | Stagiaire | En cours ou en fin de formation |
| Satisfaction à chaud et à froid | Organisme | Stagiaire, parfois employeur | Fin de session, puis à distance |
| Attestation de fin de formation | Organisme | (Remise au stagiaire) | À l'issue de la formation |
| Certificat de réalisation | Organisme | (Transmis au financeur) | À l'issue, avec la facture |
| Facture | Organisme | (Adressée au client ou au financeur) | À l'issue ou selon l'échéancier |
| BPF | Organisme | (Déposé sur Mon Activité Formation) | Avant le 30 avril de l'année suivante |
Lorsqu'un formateur indépendant intervient en sous-traitance pour un organisme, s'ajoute un contrat de sous-traitance ou un ordre de mission qui précise ce qui lui est confié. Depuis le 1er novembre 2026, le référentiel Qualiopi demande que les contrôles exercés par le donneur d'ordre sur ses sous-traitants soient tracés dans ces contrats. Pour les actions financées par le CPF, le décret n° 2023-1350 rend en outre ce contrat obligatoire et en fixe le contenu.
Chez Skills4mation, cette répartition est organisée par le portail de portage : le formateur saisit les informations de sa session, et le portail génère la convention, le programme, le planning, le recueil des besoins, le relevé d'émargement, la satisfaction à chaud, la convocation, l'attestation de fin de formation, l'évaluation des acquis et l'ordre de mission. Le formateur anime, fait signer les émargements et corrige les évaluations ; l'organisme vérifie, archive et répond aux contrôles. Le fonctionnement complet est décrit sur notre page portage Qualiopi.
Combien de temps conserver les documents d'un dossier de formation ?
Aucun texte du Code du travail ne fixe une durée unique de conservation pour l'ensemble du dossier de formation. Il faut donc croiser plusieurs règles générales, et retenir la plus longue applicable à chaque pièce. Les délais ci-dessous sont ceux que publie l'administration pour les entreprises sur entreprendre.service-public.gouv.fr.
Les pièces comptables, dont les factures, se conservent dix ans à compter de la clôture de l'exercice (article L. 123-22 du Code de commerce). Les contrats et la correspondance commerciale se conservent cinq ans. Les documents susceptibles d'un contrôle fiscal se conservent six ans. Côté administration, les données collectées lors du dépôt du BPF sont conservées quatre ans pour les besoins du contrôle (article R. 6351-17).
| Pièce | Règle applicable | Durée minimale |
|---|---|---|
| Factures, pièces comptables | Code de commerce, L. 123-22 | 10 ans après la clôture de l'exercice |
| Documents utiles en cas de contrôle fiscal | Livre des procédures fiscales, L. 102 B | 6 ans |
| Conventions, contrats, CGV acceptées | Code de commerce, L. 110-1 à L. 110-4 | 5 ans |
| Émargements, évaluations, attestations, satisfaction | Pas de durée spécifique ; preuves de la réalisation et de la qualité | Recommandé : alignées sur la facture correspondante |
Notre pratique, que nous recommandons aux organismes comme aux formateurs : conserver le dossier complet d'une action aussi longtemps que la facture qui s'y rapporte. Le contrôleur qui examine une facture voudra voir l'émargement qui la justifie, et une facture conservée sans sa preuve de réalisation n'est d'aucun secours. Le format numérique est admis, à condition de garantir l'intégrité des documents signés et de pouvoir les retrouver vite.
Un dernier point : ces dossiers contiennent des données personnelles. Le règlement général sur la protection des données impose de ne collecter que ce qui est nécessaire, ce que l'article L. 6353-9 du Code du travail traduit pour la formation : les informations demandées au stagiaire doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l'action. Un test de positionnement n'a pas à demander la situation familiale.
Les points de contrôle les plus fréquents
Les contrôles, qu'ils viennent de l'État, d'un OPCO ou d'un auditeur Qualiopi, se concentrent sur quelques vérifications qui reviennent d'un dossier à l'autre. Les connaître permet de relire ses propres dossiers avec le même regard.
La concordance des durées. Convention, programme, émargements, certificat de réalisation et facture doivent indiquer la même durée et les mêmes dates. C'est la première chose qu'un contrôleur aligne, et un écart de quelques heures suffit à faire rejeter une prise en charge.
L'antériorité des pièces. Le recueil des besoins, l'information préalable et la convention doivent être datés avant le démarrage. Une convention signée après la formation, même de bonne foi, fait douter de toute la chaîne.
La présence réelle. Émargements par demi-journée, signatures du formateur, cohérence avec les absences signalées. Pour le distanciel, l'existence de traces de connexion individuelles, et non d'un simple accès ouvert à la plateforme.
L'évaluation. Une trace de l'évaluation des acquis pour chaque stagiaire, cohérente avec les modalités annoncées dans la convention. L'absence d'évaluation est l'un des écarts les plus graves en audit Qualiopi, parce qu'elle empêche de démontrer l'atteinte des objectifs.
Les mentions légales. Numéro de déclaration d'activité correct, absence de mention d'« agrément », prix et modalités de règlement présents dans la convention, délai de rétractation dans les contrats avec des particuliers.
Les sous-traitants. Pour chaque intervenant extérieur, un contrat ou un ordre de mission, ses justificatifs de compétences et, désormais, la trace des contrôles exercés sur lui. Pour une activité liée au CPF, le respect des conditions de certification du sous-traitant.
Les définitions des termes employés ici sont rassemblées dans notre glossaire de la formation, et notre guide de la formation professionnelle replace ces obligations dans le fonctionnement général du système.
Questions fréquentes
Une signature électronique est-elle valable sur une convention ou un émargement ?
Oui, la signature électronique est admise dès lors qu'elle permet d'identifier le signataire et de garantir l'intégrité du document. Pour l'émargement, l'outil doit horodater chaque signature et rattacher chaque stagiaire à un créneau précis.
Faut-il un règlement intérieur pour une formation de deux heures en visioconférence ?
Oui : l'obligation porte sur l'organisme, pas sur la durée ou la modalité de la session. Le règlement doit simplement être adapté, par exemple pour les règles de conduite en classe virtuelle.
Un devis signé peut-il remplacer la convention ?
Pour une action de formation financée par un OPCO ou un autre financeur public ou mutualisé, oui, si le devis ou l'une de ses annexes reprend toutes les mentions de l'article D. 6353-1. Un devis limité au prix et aux dates ne suffit pas.
Qui conserve les documents quand un formateur intervient en portage ?
L'organisme porteur, puisque c'est lui qui contracte, facture et répond aux contrôles. Le formateur a intérêt à garder une copie de ses supports et de ses évaluations, qui documentent aussi sa propre expérience.
Le BPF est-il obligatoire si l'on n'a réalisé aucune formation dans l'année ?
Oui. Un bilan qui ne fait apparaître aucune activité, ou l'absence de bilan, rend la déclaration d'activité caduque. C'est souvent ainsi qu'un formateur peu actif perd son numéro sans s'en rendre compte.
Que faire maintenant ?
Prenez le dernier dossier de formation que vous avez clôturé et alignez, sur une même ligne, la durée et les dates indiquées dans la convention, le programme, les émargements, l'attestation et la facture. Si une seule valeur diffère, vous savez par où commencer.
Si constituer et archiver ces pièces vous prend plus de temps que préparer vos formations, le portage vous permet de confier cette partie à Skills4mation : nos documents sont générés à partir de votre dossier, vérifiés par notre équipe et conservés pour les contrôles, et vous intervenez sous notre certification Qualiopi. Pour démarrer, consultez notre page portage Qualiopi ou contactez notre équipe.
Article rédigé avec l'assistance d'une IA, sous la responsabilité éditoriale de Ludovic Albisser.
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